(photo Puy Michel)
Parfois ils s'abandonnent sans pudeur
Aux mains calmes et clairs
Blancs, fragiles, lovés dans leur tiédeur
Reposés et offerts
Et on n'ose les effleurer
On n'ose les éveiller
Parfois ils se voilent d'étoffes claires
D'enveloppes légères
Et voyagent dans notre imaginaire
Comme le vent sur la mer
Et on n'ose s'y blottir
On n'ose les découvrir
Parfois ils s'offrent à nos yeux d'envie
Gonflés de nos désirs
Beaux et pleins comme des soleils de nuit
Des étoiles à venir
Et on ose les frôler
On ose les caresser
Parfois ils viennent chercher l'amour
Comme on cherche de l'or
Et se donnent comme des fruits trop lourds
Se prennent comme des trésors
Et on ose les aimer
On ose s'y enivrer
Puis ils laissent leur vide dans nos mains
Comme on y laisse des pleurs
Empreinte glacée de ces matins
Où règnait leur chaleur
Et on rêve à l'infini
D'autres soleils de nuit
Pierre-Elie Benoit

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Dimanche 21 Mai 2006
Par O., Dimanche 21 Mai 2006 à 17:56 GMT+2 dans POESIES AMIES
.........Dieu n'avait fait qu'ébaucher le monde. Il n'y avait laissé que des ruines.
Ruines ce chêne, si beau pourtant. Ruines cette eau, qui vient se briser si doucement sur la rive. Ruines le soleil même. Ruines tous ces signes de la beauté comme le prouvent bien les nuages, plus beaux encore
Seule la lumière a eu vie pleine peut-être...Et c'est pour cela qu'elle semble simple et incréée
Depuis il n'aime plus dans l'oeuvre des peintres, que les ébauches. Le trait qui se ferme sur soi lui semble trahir la cause de ce dieu qui a préféré l'angoisse de la recherche à la joie de l'oeuvre accomplie
Extrait de LA VIE ERRANTE
(Mercure de France)
Je me sens très proche de ce texte : Il est vrai que le bonheur, même douloureux, est dans la création.
La toile ou le poème finis ont se sent dépossédée d'une partie de ce "soi-même" que l'on a gardé en secret pendant tout ce temps.
Orchis-mauve

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Par O., Dimanche 21 Mai 2006 à 16:28 GMT+2 dans POESIES AMIES
Je rêve.....
je rêve que le soleil gèle
je rêve que la neige brûle
je rêve que l'amour faible
devient fort
je rêve des mots
impossibles
quand le poème
n'inspire plus
je rêve.......
d'un oiseau sans vol,
d'un vol sans départ
d'un départ sans retour
je rêve......
d'une réalité sans rêve
d'un songe sans destinée
d'un virtuel sans maux
d'un mal sans mot
Je rêve .......
d'une tristesse sans mélancolie
d'une peine anoblie
Je rêve........
d'un jour nouveau
quand la nuit s'endort
je rêve .......
d'une goutte de vie
qui perle mon coeur meurtri
je rêve..........
d'un destin sans fin
que le rêve reprend comme refrain
je rêve.........
CF 17 mai 2006
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Dimanche 14 Mai 2006
Par O., Dimanche 14 Mai 2006 à 08:51 GMT+2 dans POÉSIE
Ô ma belle orchidée
silencieuse et tendre
patiente et sensuelle
émerveillée de toi
tu te découvres enfin,
timide entre tes feuilles.
naissante magicienne
si longtemps espérée
tu déploies lentement
tes pétales irisés,
de jaunes ensolleillés,
de blancs iridescents
et de roses veinés,
et mystérieuse enfin
tu caches pudiquement
ton coeur empourpré
Ô ma belle orchidée
Juliette Beaudroit
13 mai 2006

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Lundi 8 Mai 2006
Par O., Lundi 8 Mai 2006 à 16:39 GMT+2 dans POESIES AMIES
ET NOUS DANSIONS ENCORE
Et nous dansions encore
sous nos graves musiques
nos chants plus vifs que morts
s'éteignant dans nos voix
Et nous dansions encore
mais nous étions perdus
Et le temps nous traquait
nous n'avions que nos yeux
pour pleurer nos déroutes
nous répétions ce "Nous"
et gardions tous nos coudes
serrés devant l'abîme
Et puisque nous rêvions
si fort et souvent d'amble
pour conjurer le sort
nos doutes nos défaites
que nous étions perdus
que la vie nous poussait
chaque pas nous coûtant
ce que vaut l'endurance
que nous n'étions pas seuls
que la vie nous tenait tout
vivants sous son étrange poigne
chacun avec chacune
nous n'étions qu'éperdus
d'enfance et d'alliance
nous n'étions qu'anputés
des lumières du rire
Maintenant nous savons
ce que "perdre" veut dire
puisque la joie revient
comme une peau rendue
à laquelle l'on tient
Marie-Thérèse Peyrin
Impassibles Guetteurs
diptyque Armand Dupuy
EditionS SANG D'ENCRE

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Par O., Lundi 8 Mai 2006 à 15:31 GMT+2 dans POESIES AMIES
Un instant
l'oiseau s'est posé
sur le bout
de son chant
Le temps
d'inquiéter le silence
et de suspendre
au front des rêves
la tempe blanche
de l'éphémère.
Jackie Plaetevoet
"Zone d'ombre"
Atelier Jivaro Editeur
Monotype d'Anne Brérot
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Par O., Lundi 8 Mai 2006 à 09:52 GMT+2 dans POESIES AMIES
Quand j'écrirais
tous les poèmes de la terre
l'ignorance céderait-elle
quand je sèmerais tous les rires
toutes les chansons
au quatre coins de l'univers
leurs éclats feraient-ils pâlir le silence
quand je compterais
toute l'amitié du monde
le malheur serait-il moins profond
et si je colportais
la parole la plus claire
à tous les peuples
jusqu'aux contrées les plus extrêmes
la paix deviendrait-elle plus tangible
et la violence saugrenue ?
Jackie Plaetevoet
"Trace de l'éphémères"
illustration Yvette Ulmer
SANG D'ENCRE

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Dimanche 7 Mai 2006
Par O., Dimanche 7 Mai 2006 à 17:05 GMT+2 dans POÉSIE
La vie est un collier fragile, aux perles irisés,
il ne faut pas les heurter, il ne faut pas les briser.
Il ne faut pas les blesser
Il faut les bercer, les cacher dans un écrin doré,
les compter une à une d’une caresse du doigt,
les retenir, hésitante, leur éclat apprécier
les laisser à regret sur la pente rouler
jusqu’à la mer profonde, noire et souveraine
qui les engloutira.
Ce collier de perles bleutées,
rosées, nacrées, étincelantes,
au monde entier nous reliera,
et nous ferons le tour du monde,
le tour du monde des regrets,
du monde des bonheurs
du monde des malheurs,
du monde des détresses,
le tour du monde entier.
7 mai 2006
copyright.cwk
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Vendredi 5 Mai 2006
Par O., Vendredi 5 Mai 2006 à 14:46 GMT+2 dans POÉSIE
Pourquoi te quitter,
toi si loin et si présent,
même si la mélancolie
parfois m’ envahit,
je dois accepter
en ton jardin sauvage,
en ton onde scintillante,
le sable mouvant
de ton amitié précieuse,
ton âme de poète amoureux ....
orchis-mauve copyright.cwk
5 mai 2OO6 4 commentaires - aucun rétrolien
Par O., Vendredi 5 Mai 2006 à 14:16 GMT+2 dans POESIES AMIES
Illustration
J.Beaudroit
Ne me quitte pas
le coeur blessé
comme un mauvais jour
à oublier avec regret.
Ne me quitte pas
comme la marée haute
qui valse l'écume des pleurs
à marée basse.
Ne me quitte pas
comme le dernier baiser
si tendre mais imparfait
quand tes lèvres mordent
la tristesse de m'oublier.
Ne me quitte pas
comme le soleil fatigué
qui s'échappe de ce ciel étoilé
cherchant à apaiser
les brûlures du temps.
Ne me quitte pas
comme ce printemps
pressé de mourir
dans ce sommeil saisonnier
que l'été se presse à oublier.
Ne me quitte pas
pour ma fidélité à la liberté,
au refus d'être lié,
de partager
ce coeur bohème.
Ne me quitte pas
pour l'indéniable fragilité
qui me rend prisonnier
d'une union
inachevée.
Ne me quitte pas
quand les mots
cicatrisent cette plaie
comme un baume reconciliant
cette harmonie déchirée.
Ne me quitte pas.....
Claude Fauqueur copyright.cwk
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Par O., Vendredi 5 Mai 2006 à 09:49 GMT+2 dans POÉSIE
Pourquoi es-tu venu
dans cette vie si simple,
pourquoi avoir voulu
cette improbable quête
de la carpe bruissante
vers le lapin frileux,
ton eau n’est pas la mienne
mon terrier est trop sombre
pour tes bonds somptueux
et ton sourire secret
je t’ai vu solitaire
poète écorché,
ta parole trop rare
et si riche pourtant
versée aux vents des soirs
à des nymphes amoureuses
retenait mon refus
étonné et flatté
ne sachant pas vraiment
si nous pourrions un jour......
Orchis-mauve
copyright.cwk
illustration J.Beaudroit
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Mercredi 3 Mai 2006
Par O., Mercredi 3 Mai 2006 à 16:28 GMT+2 dans POÉSIE
En ce jardin bruissant
d’ombres passagères
où de belles étonnées
aux regards alanguis
aux sources du plaisir
puisent dans l’eau légère
des rêves parfumés
Les reflets diaprès
de poissons fabuleux
changeants et capricieux
dans les herbes flottantes
en rubans sinueux
mèlent leur ambre clair
aux mystères des eaux
Orchis-mauve
copyright.cwk
illustration j.beaudroit
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