orchis-mauve

POÉSIE AMIE (2)

ET NOUS DANSIONS ENCORE

Et nous dansions encore
sous nos graves musiques
nos chants plus vifs que morts
s'éteignant dans nos voix

Et nous dansions encore

mais nous étions perdus

Et le temps nous traquait
nous n'avions que nos yeux
pour pleurer nos déroutes
nous répétions ce "Nous"
et gardions tous nos coudes
serrés devant l'abîme

Et puisque nous rêvions
si fort et souvent d'amble
pour conjurer le sort
nos doutes nos défaites
que nous étions perdus
que la vie nous poussait
chaque pas nous coûtant
ce que vaut l'endurance
que nous n'étions pas seuls
que la vie nous tenait tout
vivants sous son étrange poigne
chacun avec chacune
nous n'étions qu'éperdus
d'enfance et d'alliance
nous n'étions qu'anputés
des lumières du rire

Maintenant nous savons
ce que "perdre" veut dire
puisque la joie revient
comme une peau rendue
à laquelle l'on tient

Marie-Thérèse Peyrin
Impassibles Guetteurs
diptyque Armand Dupuy
EditionS SANG D'ENCRE

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UN INSTANT

Un instant
l'oiseau s'est posé
sur le bout
de son chant

Le temps
d'inquiéter le silence
et de suspendre
au front des rêves
la tempe blanche
de l'éphémère.

Jackie Plaetevoet
"Zone d'ombre"
Atelier Jivaro Editeur
Monotype d'Anne Brérot

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POÈSIE AMIE

Quand j'écrirais
tous les poèmes de la terre
l'ignorance céderait-elle

quand je sèmerais tous les rires
toutes les chansons
au quatre coins de l'univers
leurs éclats feraient-ils pâlir le silence

yvette ulmer

quand je compterais
toute l'amitié du monde
le malheur serait-il moins profond

et si je colportais
la parole la plus claire
à tous les peuples
jusqu'aux contrées les plus extrêmes
la paix deviendrait-elle plus tangible
et la violence saugrenue ?

Jackie Plaetevoet
"Trace de l'éphémères"
illustration Yvette Ulmer
SANG D'ENCRE

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