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SOLEILS DE NUIT

(photo Puy Michel)

Parfois ils s'abandonnent sans pudeur
Aux mains calmes et clairs
Blancs, fragiles, lovés dans leur tiédeur
Reposés et offerts

Et on n'ose les effleurer
On n'ose les éveiller

Parfois ils se voilent d'étoffes claires
D'enveloppes légères
Et voyagent dans notre imaginaire
Comme le vent sur la mer

Et on n'ose s'y blottir
On n'ose les découvrir

Parfois ils s'offrent à nos yeux d'envie
Gonflés de nos désirs
Beaux et pleins comme des soleils de nuit
Des étoiles à venir

Et on ose les frôler
On ose les caresser

Parfois ils viennent chercher l'amour
Comme on cherche de l'or
Et se donnent comme des fruits trop lourds
Se prennent comme des trésors

Et on ose les aimer
On ose s'y enivrer

Puis ils laissent leur vide dans nos mains
Comme on y laisse des pleurs
Empreinte glacée de ces matins
Où règnait leur chaleur

Et on rêve à l'infini
D'autres soleils de nuit

Pierre-Elie Benoit

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