"UN JARDIN SUR L'ORONTE" (suite) de Maurice Barrès

Après les délices de l'espoir, voici le moment de LA RECONTRE DES AMANTS......
"À la nuit, la suivante vint prendre Guillaume par la main et le mena en secret dans la chambre dorée d'Oriante (la Sarrasine). Tandis qu'il glissaient à travers l'ombre des longs couloirs, la jeune femme, en guise d'adieu à leurs plaisirs (le cher Guillaume n'avait pas perdu son temps ni son "savoir" dans l'attente stérile et la solitude ! - apparté d'Orchis) qu'elle sacrifiait à l'amour lui récita les vers du poète :
"la tulipe fleurit promptement et s'en va légère et rapide, mais le rubis qui se forme lentement ne craint rien du vent ni de la pluie et traverse toutes les saisons".
Le jeune homme pleura d'enivrement en s'agenouillant devant la Sarrasine, qui lui disait :
- Comme je t'ai attendu, avant même que je te connaisse ! Que de fois avec quelle ardeur je me suis répété :
Quand viendra-t-il dans ma chambre, celui dont mon espérance m'assure qu'avec lui et jusqu'à la mort je serai reine et heureuse. Au milieu du chaos de dangers qui nous pressent, hâte-toi, ami de mon coeur. Tout ceci t'appartient"
Son visage brillant et pur, ses mains délicates teintées de henné, ses petits pieds fardés, tout son corps d'ambre et de jasmin répandait la douce lueur d'une lampe de mosquée. Jusqu'à l'aube dans la citadelle, on entendit les hululements des femmes auprès du cadavre royal (oui, il était mort au combat, évitant ainsi à son épouse de le tromper).
Eux, cependant, ils semblaient le repos d'un agneau dans les bras de son jeune berger ou l'innocent enroulement d'une couleuvre sans venin, qui s'est glissée, pour s'y réchauffer, sur le coeur d'un enfant qu'elle aime. Dans ces minutes, où il rassasiait les désirs de son corps et de son âme, Guillaume vivait hors du temps.
(Ouin c'est tout,.....nous n'en saurons pas plus)
Maurice Barrès
Par O., Dimanche 11 Mars 2007 à 10:11 GMT+2 dans AU JARDIN DES DÉLICES (article, RSS)







