Je crois que vous attendez la suite de ce livre délicieux...
>Sire Guillaume doit retourner à Damas et convainc Oriane de le suivre.
Mais elle ne vient pas au rendez-vous, il part seul, espérant encore la
retrouver en chemin .
A Damas, elle n’est pas là, il veut repartir, mais est emprisonné et ne peut s’échapper qu’après de nombreux mois.
Arrivé à Qalaat il retrouve Oriane au château, redevenue châtelaine et
l’épouse du Prince d’Antioche. Ils ne peuvent se rencontrer qu’après de
longues semaines. Il l’accueille par ces mots :
«- Maintenant je te tiens ! quand partons-nous vers Damas. Dis-moi
d‘une phrase claire que tu veux venir avec moi
….mais Oriante,
surmontant l’émoi de cet accueil violent, va droit à son agresseur, les
yeux dans les yeux, la parole et l’âme tout en flammes :
- « Sans me plaindre, sur ces cailloux, sans avoir peur de la mort qui
ne me serait pas épargnée, brûlée du soleil, déchirée par les ronces,
j’accours, je viens me jeter par amour sur cette misérable natte
et ce sont des reproches que je trouve sur ta bouche et, plus encore,
dans ton cœur. Cependant quel crime ai-je commis ? J’ai cédé à la
force, je suis entrée malgré moi dans le lit d’un nouveau maître.
……C’est toi qui m’a laissée à la honte d’un partage, comme un vil butin
et qui m’a livrée aux orgueilleux caprices de tes compatriotes
chrétiens……
- Réponds cependant. Pourquoi ne m’avoir rejoint sur l’Oronte, ni à Damas ?
- Eh ! le pouvais-je ingrat ?.....
- Alors le chef t’a choisie ?
- Personne jamais ne me choisira. C’est moi qui sait me faire supplier.
- Le soir même quand je t’attendais et comptais sur la parole jurée.
- Non….
…Lui ne m’a pas brusquée, il a fait tout au monde pour me plaire ; il a su m’émouvoir. Je te croyais mort.
« ….Isabelle, Isabelle, appelait le jeune homme avec épouvante et
désespoir, vous l’entendez…..Je joue avec une charmante couleuvre,
innocente, subtile, mon amie et soudain la tête s’aplatit et le dard
apparaît, c’est une vipère…… Qu'elle vive, et que moi je cesse d’exister
!
Mais Isabelle la sage :
- Ne sauriez-vous prendre un peu de bonheur !
Rappelez-vous ce que dit le poète : « Entraînée par le blanc coursier
du jour et par la cavale noire de la nuit, la vie galope à deux chevaux
vers le néant »
Sur la pauvre natte de jonc, recouverte de fleurs, elle jetait leurs manteaux, et Oriante attira contre elle son ami :
- « Que je sois plus glacée que la brebis quand privée de sa toison
elle demeure exposée à la pluie et au froid de l’hiver, si ce n’est pas
toi que j’aime.
….Et lui :
- Oriante, après tant de jours écoulés, je retrouve enfin ta
voix, ton regard et tout ce qui rayonne de toi m’enchante et me fait
mal….
Le charmant visage aux yeux pleins de feu, penché sur lui, l’empêcha de
poursuivre plus avant une plainte devenue mensongère. Et tandis que les
deux amants demandaient au plaisir d’apaiser et de confondre leurs
âmes, Isabelle s’occupait à préparer les provisions qu’elle avait
apportées dans sa corbeille. »<br />
Par O., Jeudi 22 Mars 2007 à 09:49 GMT+2 dans AU JARDIN DES DÉLICES (article, RSS)
Vos commentaires
Le Jeudi 22 Mars 2007 à 20:04 GMT+2, par Viviane
Je retrouve dans cette histoire le climat amoureux de certains madrigaux de monteverdi
Et cela en-chante la romanesque que je suis ( sourire)
c'est sympa de mettre en ligne ainsi un livre
et le format est très réussi.
Le Jeudi 22 Mars 2007 à 22:53 GMT+2, par souvienstoi
Une suite que j'aime beaucoup qui dégage ce merveilleux dans ce romanesque amour, des mots qui plaisent au coeur de l'écrit bise amitié
Le Vendredi 23 Mars 2007 à 08:49 GMT+2, par orchis-mauve
Merci chère viviane, ton jugement est très important, surtout sur l'ambiance de ce petit livre, qui justement comme tu le dis a voulu rendre le language recherché et l'ambiance délicate des chansons de troubadours.
Je t'embrasse
Le Vendredi 23 Mars 2007 à 08:52 GMT+2, par orchis-mauve
Merci Souvienstoi, toi qui a tant de finesse dans ta poésie, j'apprécie ton jugement. Tu as raison, Maurice Barrès a fait revivre le "merveilleux" des contes d'antan
Je t'embrasse
Le Samedi 24 Mars 2007 à 17:37 GMT+2, par bleu-marine (chez souviens-toi)
pas trop "ma tasse à thé", mais je reconnais le côté plaisant et l'ambiance délicate......
"quand une oeuvre d'art, est le moyen d'une âme"........
ti bizou orchis.
Le Samedi 24 Mars 2007 à 17:42 GMT+2, par orchis-mauve
J'ai aimé, Chère Bleu-Marine, la délicatesse, les nuances de ce langage un peu dépassé, il est vrai
Bizoux
Le Lundi 26 Mars 2007 à 19:23 GMT+2, par Claude
Oh, j'en ai le souffle coupé!
Les amours les plus beaux sont ils aussi les plus désespérés ?
Oh gente Dame, quel ménestrel a pu chanter une telle aubade sans faire pleurer d'amour les larmes sucrées et amères du désespoir jusqu'à la mort certaine.
Voilà de quoi me remettre de mes nuits enfiévrées par le délire depuis ma sortie de clinique, je me meurs chère juliette d'être trop loin de vos bras pour une caresse maternelle. Tendrement à toi.
Le Lundi 26 Mars 2007 à 22:13 GMT+2, par thezou
C'est une aventure qui apparait passionnante, tu as des talents multiples et je suis admiratives a chaque passage sur ton blog, j'ai essayé de m'inscrire vendredi mais je ne pense pas que cela ai fonctionné, mais c'est certainement a cause de moi, j'ai changé d'ordinateur, et je suis en cours de réinstallation, et beaucoup de manipulations nouvelles me font perdrent le fil de mes habitudes...
je t'envoie mille pensée délicates et sincéres pour passer une trés bonne nuit.
Le Mardi 27 Mars 2007 à 09:10 GMT+2, par orchis-mauve
Chère Claude, cet amour nostalgique était sans doute le reflet de la tendresse que Maurice Barrès portait à la princesse de Noailles. Mais il n'est pas mort de ça.
Je plaisante, mais j'ai trouvé ce texte si beau, tendre, délicatement écrit, que je n'ai pu résister au plaisir de vous le faire connaître
Je t'embrasse edt je t'écris
Le Mardi 27 Mars 2007 à 17:43 GMT+2, par orchis-mauve
Chère Thezou, puisque j'ai ton adresse internet, je viens de t'inscrire, on verra si ça marche
Le jardin sur l'Oronte n'est pas de moi, mais de Maurice Barrès.
Je voudrais trouver d'autres petits livres dans cet esprit
Bizoux
Le Mardi 27 Mars 2007 à 18:20 GMT+2, par arthémisia
de la délicatesse, un peu surannée, mais qui a la saveur des caresses de l'après, des regards qui vont vers l'endormissement, des partages consommés, des apaisements du corps et de l'esprit.
Je t'embrasse fort.
Arthi
Le Mardi 27 Mars 2007 à 18:55 GMT+2, par orchis-mauve
Rien à ajouter chère Arthi, tu as très bien défini ce qui m'a attirée dans ce récit, qui date du s!écle dernier...
Bizoux tendres
Merci d'être là
Cet article ne peut être commenté.