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"UN JARDIN SUR L'ORONTE (suite II)" de Maurice Barrès




Je crois que vous attendez la suite de ce livre délicieux...
>Sire Guillaume doit retourner à Damas et convainc Oriane de le suivre. Mais elle ne vient pas au rendez-vous, il part seul, espérant encore la retrouver en chemin .
A Damas, elle n’est pas là, il veut repartir, mais est emprisonné et ne peut s’échapper qu’après de nombreux mois.
Arrivé à Qalaat il retrouve Oriane au château, redevenue châtelaine et l’épouse du Prince d’Antioche. Ils ne peuvent se rencontrer qu’après de longues semaines. Il l’accueille par ces mots
:

«- Maintenant je te tiens ! quand partons-nous vers Damas. Dis-moi d‘une phrase claire que tu veux venir avec moi
….mais Oriante, surmontant l’émoi de cet accueil violent, va droit à son agresseur, les yeux dans les yeux, la parole et l’âme tout en flammes :
- « Sans me plaindre, sur ces cailloux, sans avoir peur de la mort qui ne me serait pas épargnée, brûlée du soleil, déchirée par les ronces, j’accours, je viens me jeter par amour sur cette misérable natte  et ce sont des reproches que je trouve sur ta bouche et, plus encore, dans ton cœur. Cependant quel crime ai-je commis ? J’ai cédé à la force, je suis entrée malgré moi dans le lit d’un nouveau maître. ……C’est toi qui m’a laissée à la honte d’un partage, comme un vil butin et qui m’a livrée aux orgueilleux caprices de tes compatriotes chrétiens……
- Réponds cependant. Pourquoi ne m’avoir rejoint sur l’Oronte, ni à Damas ?
- Eh ! le pouvais-je ingrat ?.....
- Alors le chef t’a choisie ?
- Personne jamais ne me choisira. C’est moi qui sait me faire supplier.
- Le soir même quand je t’attendais et comptais sur la parole jurée.
-  Non….
…Lui ne m’a pas brusquée, il a fait tout au monde pour me plaire ; il a su m’émouvoir. Je te croyais mort.

«  ….Isabelle, Isabelle, appelait le jeune homme avec épouvante et désespoir, vous l’entendez…..Je joue avec une charmante couleuvre, innocente, subtile, mon amie et soudain la tête s’aplatit et le dard apparaît, c’est une vipère…… Qu'elle vive, et que moi je cesse d’exister !

Mais Isabelle la  sage :
-    Ne sauriez-vous prendre un peu de bonheur ! Rappelez-vous ce que dit le poète : « Entraînée par le blanc coursier du jour et par la cavale noire de la nuit, la vie galope à deux chevaux vers le néant »
Sur la pauvre natte de jonc, recouverte de fleurs, elle jetait leurs manteaux, et Oriante attira contre elle son ami :
- « Que je sois plus glacée que la brebis quand privée de sa toison elle demeure exposée à la pluie et au froid de l’hiver, si ce n’est pas toi que j’aime.
….Et lui :
-  Oriante, après tant de jours écoulés, je retrouve enfin ta voix, ton regard et tout ce qui rayonne de toi m’enchante et me fait mal….
Le charmant visage aux yeux pleins de feu, penché sur lui, l’empêcha de poursuivre plus avant une plainte devenue mensongère. Et tandis que les deux amants demandaient au plaisir d’apaiser et de confondre leurs âmes, Isabelle s’occupait à préparer les provisions qu’elle avait apportées dans sa corbeille. »<
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